Depuis la réforme du règlement de golf en 2019, la procédure de drop a changé de façon significative. La hauteur du lâcher est passée de l’épaule au genou, la zone de dégagement est désormais clairement définie, et les cas où il faut redropper ont été considérablement simplifiés. Malgré tout, c’est encore l’une des règles qui génère le plus d’erreurs chez les amateurs, souvent parce que les vieux réflexes sont tenaces et parce que deux coups de pénalité guettent celui qui joue depuis un mauvais endroit sans s’en apercevoir.
Ce guide couvre tout ce que vous devez savoir pour dropper une balle au golf correctement : le geste exact, la zone de dégagement, les situations qui y donnent droit, et les cas particuliers drop. Pour tout ce qui concerne les zones à pénalité et les règles d’eau, notre guide des règles par situation couvre ces thèmes en détail.
📘 Dans cet article vous allez apprendre
- ✔️ La procédure exacte du drop : posture, hauteur, chute verticale (Règle 14.3)
- ✔️ Comment délimiter correctement la zone de dégagement et mesurer avec le bon club
- ✔️ Les situations donnant droit à un drop gratuit : obstructions, conditions anormales, balle enfoncée
- ✔️ Les 3 options de balle injouable (Règle 19) et leur intérêt tactique
- ✔️ Quand redropper et quand placer à la main
- ✔️ Les erreurs classiques et leurs conséquences en stroke play et match play
La procédure exacte pour dropper une balle au golf
Trois conditions doivent être réunies simultanément pour que le drop soit valide selon la Règle 14.3. Si l’une d’elles n’est pas respectée et que vous jouez quand même, deux coups de pénalité en stroke play. Autant les connaître par cœur.
Se tenir debout et lâcher à hauteur de genou
Depuis 2019, la balle doit être lâchée à la hauteur du genou d’un joueur en position debout. Ce repère anatomique précis remplace l’ancienne règle du bras tendu à hauteur d’épaule, qui générait trop de variabilité selon la morphologie de chacun. Hauteur de genou en position debout : c’est la formulation exacte de la règle, et elle a son importance. Si vous vous accroupissez, vos genoux descendent en dessous de la hauteur normale et le drop devient incorrect.
La balle doit tomber verticalement, sans aucune impulsion. Vous la lâchez, vous ne la lancez pas. Pas d’effet, pas de rotation intentionnelle, pas de mouvement latéral qui pourrait influencer l’endroit où elle atterrit. C’est un geste neutre, une chute libre. Notre guide des règles essentielles pour débuter revient sur les principes généraux derrière ces règles de manipulation de la balle.
La balle doit tomber en chute libre sans rien toucher
Pendant sa chute, la balle ne doit toucher ni votre corps ni votre équipement avant de heurter le sol. Si elle effleure votre chaussure, votre pantalon ou votre club en tombant, le drop est nul, mais aucun coup de pénalité n’est appliqué dans ce cas précis : vous recommencez simplement. En revanche, si la balle touche accidentellement votre corps ou vos vêtements après avoir touché le sol, ce n’est pas un problème : la règle ne s’applique qu’à la chute, pas au rebond.
Le joueur doit s’assurer que la balle tombe verticalement sans heurter son équipement ou sa personne pour que le dégagement soit considéré comme valide selon la règle 14.3.
Dropper soi-même : une responsabilité individuelle
Seul le joueur peut effectuer son propre drop. Ni le cadet, ni un partenaire, ni l’adversaire ne peuvent dropper à votre place, sauf dans les cas très spécifiques prévus pour les joueurs ayant certaines déficiences physiques. C’est une règle de responsabilité individuelle qui vise à garantir que remise en jeu sous sa responsabilité et assume l’exactitude de sa procédure.

Délimiter et mesurer la zone de dégagement
Dropper le bon geste ne suffit pas : encore faut-il dropper au bon endroit précis. La zone de dégagement est la surface dans laquelle la balle doit à la fois être lâchée et venir reposer. Elle varie selon la situation, mais sa construction suit toujours la même logique.
Identifier le point de référence
Chaque situation de dégagement définit un point de référence précis. Pour une condition anormale du terrain (eau temporaire, chemin en dur, trou d’animal), c’est le point le plus proche de la balle qui élimine totalement l’interférence, sans se rapprocher du trou. Pour une zone à pénalité, c’est l’endroit exact où la balle a franchi la lisière. Planter un tee au point de référence est une habitude de pro qui évite les approximations et facilite la mesure.
Mesurer avec le bon club
La zone de dégagement fait une longueur de club dans la plupart des cas de dégagement gratuit, et deux longueurs de club pour le dégagement latéral d’une balle injouable. La longueur de club utilisée pour mesurer est celle du plus long club de votre sac, à l’exception du putter. Dans la pratique, c’est votre driver. Posez-le physiquement au sol depuis le point de référence pour en marquer l’extrémité, et vous avez votre zone délimitée avec précision.
La condition de non-rapprochement du trou
Quelle que soit la situation, la zone de dégagement ne doit jamais se trouver plus près du trou que le point de référence. C’est une condition absolue : la balle doit rester dans une zone identique ou plus éloignée du drapeau que là où elle se trouvait initialement. Pour être véritablement en jeu, la balle droppée doit non seulement tomber dans la zone, mais également venir y reposer : une balle qui atterrit dans la zone et roule en dehors n’est pas en jeu.
⛳ Zone de dégagement selon la situation
1 longueur de club : dégagements gratuits (conditions anormales, balle enfoncée, obstruction inamovible) — zone à pénalité option arrière.
2 longueurs de club : dégagement latéral balle injouable — dégagement latéral zone à pénalité rouge.
Club de mesure : le plus long club du sac (driver dans la quasi-totalité des cas), jamais le putter.
Les situations donnant droit à un drop gratuit
Un dégagement sans pénalité est possible dans plusieurs situations précises. Beaucoup de golfeurs passent à côté de ces droits par méconnaissance et jouent des lies évitables. Voici les trois principales catégories à connaître.
Obstructions inamovibles
Les chemins bétonnés, les têtes d’arrosage, les abris, les poteaux indicateurs : tous ces éléments artificiels permanents constituent des obstructions inamovibles. Si votre balle repose dessus, dans leur zone d’impact sur votre stance ou dans votre zone de swing, vous avez droit à un drop gratuit dans une longueur de club du point le plus proche d’évitement. La gêne doit être physique : une obstruction qui se trouve simplement dans votre ligne de jeu visuelle ne donne pas droit au dégagement.
Conditions anormales du terrain
L’eau temporaire, les terrains en réparation (piquets blancs), les trous d’animaux fouisseurs : ce sont des conditions anormales qui ouvrent droit à un drop gratuit dans la zone générale, y compris dans le rough depuis 2019. Marquez toujours la position de votre balle avant de la relever pour confirmer que la situation qualifie bien. Pour les zones à pénalité, les règles sur les zones à pénalité définissent précisément les options disponibles.
| Situation | Type | Drop gratuit |
|---|---|---|
| Chemin bétonné, tête d’arrosage | Obstruction inamovible | Oui — gêne physique sur balle, stance ou swing |
| Eau temporaire, terrain en réparation | Condition anormale | Oui — balle dans ou stance dans |
| Trou d’animal fouisseur | Condition anormale | Oui — balle dans ou stance dans |
| Balle enfoncée (zone générale) | Balle dans son propre impact | Oui — fairway et rough inclus depuis 2019 |
La balle enfoncée
Une balle enfoncée dans son propre impact dans la zone générale donne droit à un drop gratuit depuis 2019, y compris dans le rough, sans qu’il soit nécessaire d’édicter une règle locale. La balle doit reposer dans la marque qu’elle a elle-même créée en atterrissant, et au moins une partie de la balle doit se trouver sous le niveau du sol. pas de dégagement dans le sable (bunker inclus) ni si la balle ne permet pas un coup raisonnable pour une autre raison, par exemple si elle est coincée sous un buisson.
Balle injouable : vos 3 options tactiques
N’importe où sur le parcours sauf dans une zone à pénalité, vous êtes le seul juge pour décider si votre balle est injouable. C’est une liberté importante, mais elle coûte toujours un coup de pénalité, quelle que soit l’option choisie. Bien les connaître permet de choisir la sortie la plus avantageuse selon la configuration du trou.
Option 1 : le retour au point de départ (coup et distance)
Vous retournez jouer depuis l’endroit où vous avez joué votre coup précédent, dans une zone d’une longueur de club de ce point. C’est l’option la plus radicale, mais parfois la plus sensée quand les deux autres options vous laissent dans un lie encore pire. En match play, elle permet de recommencer sur une base connue. Ne l’écartez pas par réflexe avant d’avoir évalué les alternatives.
Option 2 : le dégagement latéral (deux longueurs de club)
Vous droppez dans une zone de deux longueurs de club à partir de la balle, sans vous rapprocher du trou. C’est l’option la plus utilisée parce qu’elle préserve la distance parcourue et offre souvent un meilleur angle. Mesurez avec votre driver pour maximiser l’espace.
Le dégagement latéral est souvent le meilleur compromis tactique pour sortir d’un buisson épais tout en restant à proximité immédiate de sa position d’origine.
Option 3 : le recul sur la ligne infinie
Imaginez une ligne droite entre le trou et votre balle. Vous pouvez reculer sur cette ligne aussi loin que vous le souhaitez, puis dropper dans une zone d’une longueur de club de votre point choisi. Cette option est particulièrement utile quand un obstacle frontal vous bloque la vue et qu’une distance de recul plus importante vous donne une trajectoire dégagée. Ce point devient votre référence : la balle ne peut pas se retrouver plus près du trou que ce point.
🧠 Les 3 options balle injouable en un coup d’œil
Option 1 — Retour au point précédent : zone 1 club, même endroit que le coup d’avant. Radical mais sûr.
Option 2 — Dégagement latéral : zone 2 clubs autour de la balle, même niveau ou plus loin du trou. La plus fréquente.
Option 3 — Recul sur la ligne : aussi loin que vous voulez derrière la balle dans l’axe trou-balle, zone 1 club. Utile pour les obstacles frontaux.
Dropper une balle vidéo : l’explication officielle
La Royal Belgian Golf Federation explique en détail la procédure complète de drop, du geste technique à la gestion des cas où la balle sort de la zone. Une vidéo de référence pour visualiser concrètement les situations décrites dans cet article.
Quand redropper et quand placer la balle
Même avec un drop techniquement correct, la balle peut rouler hors de la zone. La procédure dans ce cas est simple et sans pénalité, mais elle suit une séquence précise que beaucoup d’amateurs ignorent.
La règle du drop, du redrop et du placement
Si la balle sort de la zone après un premier drop correct, vous redroppez une seconde fois, toujours sans pénalité. Si elle sort encore de la zone après ce second drop, vous la placez à la main à l’endroit exact où elle a touché le sol lors du second drop. Vous ne redroppez pas une troisième fois : vous placez. Si la balle ne tient pas en place sur une pente et roule à nouveau, cherchez l’endroit le plus proche où elle peut s’immobiliser dans la zone, qui n’est pas plus près du trou.
Peut-on changer de balle lors du drop ?
Oui, et c’est souvent oublié. Chaque fois que vous prenez un dégagement, que ce soit avec ou sans pénalité, vous avez le droit de jouer avec une balle différente de celle d’origine. C’est utile quand la balle est rayée, abîmée par l’impact ou simplement difficile à retrouver. Changement autorisé au drop seulement : si vous devez replacer une balle à son emplacement d’origine (par exemple après qu’elle a été déplacée accidentellement), vous devez utiliser la balle d’origine.
Cas particuliers : bunker et dropping zones
Deux situations méritent un traitement à part parce que leurs règles diffèrent significativement de la procédure standard.
Le drop dans un bunker
Si vous déclarez votre balle injouable dans un bunker, les trois options tactiques restent disponibles mais avec une contrainte : options 2 et 3 dans le bunker, pas en dehors. Vous ne pouvez pas vous sortir d’un bunker avec une balle injouable en droppant sur le fairway, sauf en utilisant l’option 3 avec deux coups de pénalité au lieu d’un, en reculant sur la ligne à l’extérieur du bunker. C’est cher payé mais parfois la seule issue réaliste face à un lie impossible dans le sable. Le drop dans le bunker doit respecter la même procédure standard, et il est interdit de lisser le sable avant de dropper.
Les dropping zones balisées
Certains parcours mettent en place des zones de drop balisées au sol (peinture, piquets) pour des situations spécifiques, souvent à proximité des zones à pénalité fréquemment atteintes. Quand une dropping zone est en jeu, la zone de dégagement est définie par ce marquage : vous droppez à l’intérieur et la balle doit y rester. Parfois l’utilisation de la dropping zone est optionnelle, parfois le comité la rend obligatoire par règle locale : lisez toujours la carte de score ou les affichages au départ pour le savoir. Vous pouvez vous tenir à l’intérieur ou à l’extérieur de la zone pendant le drop.

Erreurs de drop et pénalités
La plupart des erreurs de drop surviennent par méconnaissance ou par vieilles habitudes de l’ancienne règle. Les connaître, c’est les éviter.
Jouer depuis un mauvais endroit
C’est la faute la plus grave. Que la balle soit tombée hors zone, que le point de référence soit mal identifié ou que la mesure ait été faite avec le mauvais club, si vous jouez depuis un endroit incorrect, deux coups de pénalité, perte du trou en match play. Si l’erreur est jugée sérieuse (gain de terrain évident, par exemple), une disqualification est possible. Contrôlez toujours deux fois votre zone avant de frapper.
Procédure incorrecte : la correction sans pénalité
Si vous réalisez que votre drop était incorrect avant d’avoir joué la balle (hauteur trop haute, balle touchée en tombant, mauvais point de référence), vous pouvez la relever et recommencer sans aucune pénalité. erreur corrigeable avant de jouer. Prévenez vos partenaires de jeu si vous recommencez pour éviter toute incompréhension. C’est une exception précieuse que beaucoup de golfeurs ignorent et qui peut vous éviter une pénalité injuste.
⚠️ Check-list avant de dropper
1. Le point de référence est-il correctement identifié ? Plantez un tee pour le matérialiser.
2. La zone mesure-t-elle 1 ou 2 clubs ? Vérifiez selon la situation (gratuit ou avec pénalité).
3. La zone se rapproche-t-elle du trou ? Si oui, le point de référence est mal placé.
4. Suis-je debout au moment du lâcher ? Pas accroupi, pas penché — position debout normale.
5. La balle repose-t-elle bien dans la zone ? Si elle roule dehors, redroppez. Si ça se reproduit, placez à la main.
Dropper une balle au golf : votre prochaine étape
Maîtriser le drop, c’est transformer une situation délicate en remise en jeu propre, sans pénalité et sans contestation. Les règles de 2019 ont simplifié les choses : une seule hauteur de référence (le genou), une zone clairement définie, une procédure de redrop transparente. Ce qui reste difficile, c’est désactiver les vieux réflexes de l’ancienne règle et prendre le temps de bien identifier son point de référence avant de mesurer.
La prochaine fois que vous vous trouvez dans une situation de drop, sortez ce driver, plantez un tee, mesurez votre zone, tenez-vous droit et lâchez. Cinq secondes de rigueur vous éviteront deux coups de pénalité. Pour progresser sur l’ensemble des règles qui régissent le jeu autour des obstacles, notre guide pour progresser en autonomie et notre guide d’entraînement et de progression vous donneront les repères essentiels pour jouer dans les règles.
Autres sources de cet article
Dropper une balle au golf : les questions fréquentes
À quelle hauteur faut-il dropper une balle au golf ?
Depuis la réforme de 2019, la balle doit être lâchée à la hauteur du genou d’un joueur en position debout (Règle 14.3). L’ancienne règle du bras tendu à hauteur d’épaule est totalement obsolète et donne lieu à une pénalité si elle est encore appliquée.
Que faire si la balle roule hors de la zone de dégagement ?
Vous redroppez une fois, sans pénalité. Si la balle sort encore de la zone lors du second drop, vous la placez à la main à l’endroit exact où elle a touché le sol lors de ce second drop. Il n’y a jamais de troisième drop.
Puis-je changer de balle lors d’un drop ?
Oui. Chaque fois que vous prenez un dégagement (avec ou sans pénalité), vous pouvez utiliser une balle différente de l’originale. C’est une liberté accordée depuis 2019 qui n’existait pas sous les anciennes règles.
Comment dropper dans un bunker ?
Si votre balle est injouable dans un bunker, les options de dégagement latéral et de recul s’effectuent à l’intérieur du bunker avec un coup de pénalité. Pour sortir du bunker, vous pouvez utiliser l’option de recul à l’extérieur mais avec deux coups de pénalité au lieu d’un.
Peut-on toujours utiliser le driver pour mesurer la zone de dégagement ?
Oui, et c’est même recommandé. La règle précise qu’il faut utiliser le club le plus long de votre sac, à l’exception du putter. Dans la grande majorité des cas, c’est le driver. Il maximise la zone disponible et c’est votre intérêt de l’utiliser.
Quelle est la pénalité pour un drop effectué au mauvais endroit ?
Deux coups de pénalité en stroke play, perte du trou en match play. Si l’erreur est jugée sérieuse (gain de terrain délibéré), une disqualification est possible. En revanche, si vous corrigez l’erreur avant de jouer la balle, aucune pénalité n’est appliquée.
Qu’est-ce qu’une dropping zone ?
C’est une zone de dégagement spéciale balisée par le comité de course (peinture au sol ou piquets). La balle doit être droppée à l’intérieur et doit y rester. Son utilisation peut être optionnelle ou obligatoire selon les règles locales du parcours — vérifiez la carte de score.




















