Beaucoup de golfeurs rangent leur sac en novembre en se disant que la saison reprendra au printemps. Pourtant, le golf en hiver se pratique très bien, à condition d’accepter qu’il ne ressemble pas à une partie de juin. Les mains se refroidissent, le corps met plus longtemps à tourner, les greens roulent moins bien, et le parcours complet n’est plus automatique. On connaît tous ce partenaire qui grelotte dès le trou numéro 6 et termine sa carte sans le moindre plaisir.
Ce guide vous aide à décider quand sortir, à vous habiller sans gêner votre swing, à préparer votre corps et à reconnaître le moment où il vaut mieux rentrer. Vous n’y trouverez ni catalogue de vêtements ni destination au soleil : juste de quoi réussir votre prochaine sortie, près de chez vous, avec vos partenaires habituels.
📘 Dans cet article vous allez apprendre
- ✔️ Comment décider de sortir, de raccourcir la partie ou de reporter
- ✔️ Quelle tenue en couches garde au chaud sans bloquer le swing
- ✔️ Comment préparer son corps avant la première balle
- ✔️ Les gestes pour rester confortable et les signaux qui imposent d’arrêter
- ✔️ Pourquoi il faut adapter ses attentes sur des greens d’hiver
- ✔️ Comment garder le rythme quand le parcours ferme
Le golf en hiver commence par le choix de la bonne sortie
En été, on part jouer sans se poser de question. En hiver, la vraie décision se prend la veille ou le matin même, avant de charger le coffre. Une sortie bien choisie compte davantage que n’importe quel vêtement.
Appeler le club avant de partir
Les terrains ne réagissent pas tous de la même façon au froid. Certains ferment dès qu’il gèle, d’autres restent ouverts mais interdisent les chariots ou les voiturettes pour protéger les sols détrempés. Un simple appel à l’accueil vous évite un déplacement pour un parcours fermé. Demandez aussi si les départs sont décalés, si des greens temporaires sont en service et à partir de quelle heure le terrain est jouable. Cette information n’existe nulle part ailleurs : aucun calendrier national ne dit quand votre club ouvre.
Sortir, raccourcir ou reporter ?
Regardez ensuite la météo de la journée entière, pas seulement l’heure du départ. Neige abondante, pluie verglaçante, vent fort ou orage annoncés : la partie se reporte, sans regret. Si les conditions sont praticables mais que le créneau est court, ou que votre endurance n’est pas au top, le format court devient la bonne option. Nous voyons beaucoup de joueurs s’obstiner sur dix-huit trous et finir épuisés, alors qu’un neuf trous les aurait laissés avec l’envie de revenir. Notre article pour choisir entre 9 et 18 trous peut être un bon point de départ pour vous aider à trancher selon votre forme et votre temps disponible.

Le soleil de midi peut tromper : un ciel bleu ne garantit ni un sol dégelé ni un terrain ouvert. L’accord du club passe avant le thermomètre.
Comment s'habiller pour rester au chaud sans bloquer son mouvement ?
Le premier réflexe face au froid, c’est d’empiler les couches de vêtements. Résultat : on a chaud, mais on ne peut plus tourner les épaules, et le swing se raccourcit tout seul. Pourtant, une bonne tenue d’hiver adaptée peut vous protéger tout en laissant votre corps libre de bouger.
Trois fonctions plutôt que trois pulls
Le Dr Yves Hervouet des Forges, médecin du sport et médecin fédéral, recommande de superposer des vêtements techniques plutôt que de miser sur un seul gros manteau. Pour s’y retrouver, nous raisonnons en trois fonctions. Une couche près du corps évacue la transpiration, car un tee-shirt en coton mouillé vous glace dès que vous arrêtez de marcher. Une couche intermédiaire garde la chaleur. Une couche extérieure coupe le vent et la pluie. Selon le jour, une même pièce peut remplir deux fonctions : l’idée est d’ajuster, pas d’accumuler.
Le test du swing dans l’entrée
Avant de quitter la maison, habillé de pied en cap, faites quelques mouvements de swing à vide, sans club si la pièce est petite. Tournez les épaules, montez les bras, finissez votre geste. Si la veste tire sous les aisselles ou si le col gêne la rotation de la tête, retirez ou changez une couche maintenant. Sur le parcours, il sera trop tard, et vous passerez la partie à compenser une tenue qui vous retient. Ce petit test prend une minute et évite bien des coups ratés sans explication.
Tête, mains, pieds : les zones qui lâchent en premier
Les extrémités se refroidissent les premières, et ce sont justement elles qui tiennent le club et vous portent pendant la partie. Le médecin fédéral insiste sur la protection de la tête, du cou et des mains : un bonnet et un cache-cou changent nettement le confort d’une matinée froide. Pour les mains, des gants adaptés au froid permettent de garder des doigts souples. Côté pieds, des chaussures qui restent sèches dans l’herbe mouillée sont la priorité, car un pied humide se refroidit très vite.
La rechange sèche, à portée de main
Prévoyez une paire de gants et une paire de chaussettes de rechange, rangées dans une poche accessible du sac, pas enfouies sous les balles. Quand les gants deviennent humides au trou numéro 5, les changer prend dix secondes, alors que les garder vous gâche la fin de partie. Une serviette sèche dans un sac plastique rend le même service pour les grips. Ces détails d’organisation ne coûtent presque rien et font souvent la différence entre une sortie agréable et une sortie subie.
Préparer son corps avant de frapper la première balle
Par temps froid, les muscles et les articulations mettent plus longtemps à se réveiller. Taper un drive à pleine vitesse en sortant de la voiture, c’est demander à un corps encore raide un effort qu’il n’est pas prêt à fournir.
Arriver un peu plus tôt
La préparation commence par une décision simple : prévoir du temps avant le départ. Si vous arrivez à l’heure pile, vous sauterez l’échauffement, comme tout le monde. Un quart d’heure d’avance suffit pour se garer, enfiler ses chaussures et se mettre en mouvement sans courir. Nous conseillons de caler ce temps dès la réservation, avec votre partenaire, pour que personne ne se sente pressé. Le premier tee n’en sera que plus détendu.
Dix minutes sans club, puis avec
La Fédération française de golf donne un repère clair : environ dix minutes d’échauffement tranquille avant de taper des balles, en commençant sans club. L’idée est de mobiliser progressivement les poignets, les coudes, les épaules, les hanches, les genoux et les chevilles, par des rotations douces et des mouvements amples. Viennent ensuite quelques swings lents avec un club, puis les premières balles avec un fer court, sans chercher la distance. La Fédération propose aussi des routines courtes pour les jours pressés : l’essentiel reste de ne jamais commencer par le driver.

Ce repère n’est ni une garantie contre la blessure ni une durée rigide. Par grand froid, vous aurez peut-être besoin de quelques minutes de plus pour vous sentir délié. Fiez-vous à votre ressenti, et non au chronomètre.
Adapter la préparation à votre corps du jour
Les échauffements trouvés en ligne proposent parfois de courir ou de sautiller. Si vous avez mal aux genoux, de l’arthrose ou un équilibre fragile, rien ne vous y oblige : adaptez la mise en mouvement à vos capacités, par exemple avec une marche et des rotations douces, sans douleur. Si vous revenez d’une blessure ou d’un long arrêt, la situation est différente d’une simple sortie d’hiver, et notre guide pour reprendre le golf après un arrêt ou une blessure détaille une remise en route progressive. Dans tous les cas, suivez les consignes de vos soignants.
Rester confortable sur le parcours et savoir quand arrêter
Une fois parti, vous gérez votre confort trou après trou. Le froid gagne doucement, et on s’en rend compte trop tard quand on attend que ça passe. L’objectif est d’agir avant que la fatigue ou l’inconfort ne prennent le dessus.
Ajuster entre deux trous
Les transitions entre un green et le départ suivant sont le bon moment pour enlever ou remettre une couche. Vous avez chaud après une montée ? Ouvrez la veste avant de transpirer. Le vent se lève sur un trou exposé ? Remettez le cache-cou. Gardez la rechange et la boisson au même endroit du sac pour ne pas fouiller à chaque arrêt. Si la partie devient pénible, écourtez-la avant d’être à bout : rentrer au club-house après douze trous avec le sourire vaut mieux que finir les dents serrées.
Boire même sans soif
En hiver, la soif se fait moins sentir, et on oublie de boire. La Fédération et le médecin fédéral recommandent pourtant de boire régulièrement avant et pendant la partie, comme en été. Une boisson tiède dans une bouteille isotherme se boit plus volontiers qu’une eau glacée. Prévoyez aussi une collation si la sortie dure : manger sans attendre le coup de fatigue aide à garder l’attention jusqu’au bout. Aucune quantité précise n’est imposée, et si vous suivez un régime particulier, les conseils de votre médecin priment.
Asthme, cœur : un avis médical d’abord
Le froid n’est pas anodin pour tout le monde. Selon le Dr Hervouet des Forges, les personnes asthmatiques ou cardiaques doivent demander l’avis de leur médecin avant de jouer par temps froid. L’âge seul n’est pas le critère : un joueur de 75 ans en bonne forme et un joueur de 50 ans avec une fragilité respiratoire n’ont pas les mêmes précautions à prendre. Ne modifiez jamais un traitement de vous-même pour aller jouer.
Les signaux qui doivent vous faire rentrer
Une main froide ne signifie pas que vous êtes en danger. En revanche, l’Assurance maladie décrit des frissons, des extrémités froides, un engourdissement et une maladresse inhabituelle comme des signes précoces d’hypothermie, c’est-à-dire d’une température du corps qui descend sous 35 °C. Dès que ces signes évoquent une hypothermie, arrêtez la partie, mettez-vous à l’abri et appelez le 15 pour être guidé.
⚠️ Quand la partie doit s’arrêter
Ces situations ne se règlent pas en serrant les dents : Dans ce cas, mettez-vous à l’abri du froid et du vent, retirez avec précaution les vêtements mouillés et couvrez-vous avec des vêtements secs ou une couverture. Ne restez pas seul et évitez les mouvements brusques. Pas d’alcool. Appelez le 15 pour être guidé, et le 15 ou le 112 immédiatement devant des signes graves. N’attendez pas de mesurer la température pour appeler.
- frissons accompagnés d’engourdissement ou d’une maladresse inhabituelle
- difficultés à marcher, à parler ou à rester attentif
- somnolence ou comportement inhabituel chez un partenaire
Adapter ses attentes sur un parcours hivernal
Beaucoup de golfeurs reviennent d’une partie d’hiver déçus de leur score. Le problème n’est pas toujours leur jeu : ils jugent une sortie de janvier avec les repères de juillet. Changer d’attentes rend la saison bien plus agréable.
Des greens qui ne roulent pas comme en été
La Fédération française de golf explique que, sur des greens moins tondus et moins roulés en hiver, la balle freine davantage et roule de façon irrégulière. Un putt qui saute ou qui s’arrête court n’est donc pas forcément un mauvais putt. Accepter cet aléa évite de remettre en cause toute sa technique sur trois trous. Nous préférons regarder si la balle est partie sur la bonne ligne plutôt que de compter les putts manqués.
Reprendre ses repères avant de juger
Le froid, les couches de vêtements et un sol plus mou modifient les sensations. Si une zone d’entraînement est ouverte, prenez quelques minutes pour vérifier vos distances du jour avec deux ou trois clubs avant de partir sur le parcours. Vous saurez ainsi comment la balle se comporte ce matin-là, sans appliquer aveuglément vos repères d’été. Surtout, ne compensez pas en tapant plus fort : forcer sur un corps engourdi produit rarement de bons coups. Pour les règles locales, comme le fait de placer ou non sa balle, suivez ce qu’affiche votre club, car elles varient d’un parcours à l’autre.
Une autre façon de réussir sa partie
Fixez-vous une cible plus simple pour la journée : un contact confortable, des décisions réfléchies, le plaisir de jouer avec vos partenaires. Noter une bonne décision plutôt que son seul score change la façon dont on repart du parcours. On rentre avec une raison de revenir. Garder une intention claire avant chaque coup aide aussi, et notre article sur la routine au golf pour progresser montre comment construire ce petit rituel qui tient même quand les conditions se compliquent.
Un score d’hiver moins bon ne mesure pas votre niveau. Il mesure surtout une journée froide, un sol lourd et des greens capricieux. Votre index ne vit pas en janvier, il se construit sur toute l’année.
Composer avec les greens d’hiver
La Fédération française de golf explique comment composer avec les irrégularités d’un green d’hiver et ajuster ses attentes sur chaque putt. Quelques minutes utiles pour éviter de juger son score avec les mêmes repères qu’en saison douce.
Garder le rythme quand le terrain ferme
Il y aura des semaines où le parcours restera fermé. Plutôt que de subir cette pause, on peut en faire un moment utile, à condition de ne pas la transformer en obligation de performance.
Faire le bilan de la saison
Amélie Cazé, interrogée par la Fédération sur la gestion de l’hiver, conseille de commencer par un bilan de la saison écoulée. Prenez un carnet et notez ce qui a marché, ce qui a coincé, et un objectif qui vous motive pour le printemps : mieux sortir des bunkers, gagner en régularité au putting, finir dix-huit trous sans fatigue. Ces notes donnent du sens aux séances d’hiver. Amélie Cazé insiste aussi sur la place des parties plaisir, celles où l’on joue sans rien chercher à prouver.
Choisir une séance abritée
Selon ce qui existe près de chez vous, plusieurs options s’offrent à vous : un practice couvert s’il est ouvert, un cours avec un enseignant, ou un petit travail à domicile. À la maison, adaptez les exercices à l’espace disponible : du putting sur un tapis, du travail de grip ou de posture, oui ; des swings à pleine amplitude dans le salon, non. Notre guide complet de l’entraînement golf à la maison propose des exercices et des programmes adaptés. Avant de taper des balles au practice, gardez l’échauffement progressif : un corps froid reste un corps froid, même à l’abri.
⛳ Une séance qui garde du sens
Avant chaque séance d’hiver, choisissez un seul objectif tiré de votre bilan de saison. Prenez la solution la plus simple pour le travailler : practice couvert, cours ou tapis de putting. À la fin, écrivez une ligne dans votre carnet : ce que vous avez senti, ce que vous referez la prochaine fois. Au printemps, ces notes vous diront d’où vous repartez.
Garder le lien avec ses partenaires
Le golf est aussi un rendez-vous. Pendant la fermeture, proposez à votre partenaire habituel une séance de practice ensemble ou un café au club-house pour préparer les premières sorties. Le lien entretient l’envie, sans calendrier imposé ni pression.
La prochaine sortie de golf en hiver : moins de contraintes, plus de plaisir
Tout dépend de vous : votre sensibilité au froid, votre endurance, votre mobilité et votre envie du moment. Un joueur à l’aise dans le froid profitera de belles matinées sur des parcours calmes. Un joueur plus frileux ou moins endurant gagnera à miser sur des sorties courtes et des séances abritées. Dans les deux cas, nous conseillons d’adapter la partie au joueur, et pas l’inverse.
L’étape concrète : avant votre prochaine sortie, appelez le club pour connaître l’ouverture et les restrictions, convenez avec votre partenaire d’un format de repli, préparez une rechange sèche et prévoyez dix minutes d’échauffement. Vous partirez l’esprit plus léger. La saison continue.
Autres sources de cet article
- Fédération française de golf, une préparation optimisée (échauffement, hydratation)
- Santé Magazine, précautions pour continuer à jouer au golf en hiver (avis du Dr Yves Hervouet des Forges)
- Assurance maladie (ameli.fr), hypothermie : signes et conduite à tenir
- Fédération française de golf, bien gérer l’hiver sans compétition (entretien avec Amélie Cazé)
- Fédération française de golf, comment jouer sur des greens d’hiver (vidéo)
Golf en hiver : les questions fréquentes
Peut-on jouer au golf toute l’année ?
Oui, dans la plupart des cas, à condition que le terrain soit ouvert, que la météo le permette et que vous vous sentiez bien. Ce n’est pas possible partout ni tous les jours : certains clubs ferment par temps de gel. Un appel au club avant de partir reste un bon réflexe.
À quelle température faut-il renoncer au golf ?
Il n’existe pas de seuil universel. Le vent, l’humidité, l’état du terrain et votre propre forme comptent autant que le thermomètre. Suivez la météo, les consignes de votre club et, si vous avez une fragilité de santé, l’avis de votre médecin.
Peut-on marcher sur un green gelé ?
Non. Marcher sur un green gelé abîme l’herbe durablement. Respectez les fermetures et les zones protégées indiquées par le club, et jouez sur les greens temporaires lorsqu’ils sont en service.
Faut-il choisir neuf trous plutôt que dix-huit en hiver ?
C’est une option utile, pas une obligation. Si votre endurance est limitée ou si la fenêtre météo est courte, un neuf trous vous laisse le plaisir de jouer sans finir épuisé. Les joueurs à l’aise dans le froid peuvent tout à fait faire dix-huit trous.
Combien de temps faut-il s’échauffer avant de jouer ?
La Fédération française de golf donne un repère d’environ dix minutes avant de taper des balles, en commençant sans club. Ce n’est pas une garantie contre la blessure : par grand froid, prenez le temps qu’il faut pour vous sentir délié.
Comment éviter d’avoir les mains et les pieds froids ?
Protégez-les du froid et surtout de l’humidité : gants adaptés, chaussures qui restent sèches, et une rechange de gants et de chaussettes à portée de main. Un engourdissement qui persiste malgré ces précautions est un signal pour rentrer, pas un inconfort à ignorer.
Peut-on jouer au golf par temps froid si l’on est asthmatique ou cardiaque ?
Demandez d’abord l’avis de votre médecin. Le froid peut peser sur le souffle et sur le cœur, et seule une personne qui connaît votre dossier peut vous dire quelles précautions prendre. Ne modifiez jamais un traitement de vous-même.
Comment garder le rythme quand le parcours est fermé ?
Faites le bilan de votre saison, choisissez un objectif motivant, puis travaillez-le au practice couvert, avec un enseignant ou chez vous. Notre guide de l’entraînement golf à la maison propose des exercices adaptés. Gardez aussi des moments de jeu pour le plaisir, avec vos partenaires.



















