Vous commencez à ressentir des raideurs dans les mains en sortant du lit, une gêne dans la hanche au dix-septième trou ou des douleurs lombaires qui se font sentir à chaque swing forcé ? La question revient alors, inévitablement : est-ce que je vais devoir arrêter le golf ? La réponse, dans la grande majorité des cas, est non. L’arthrose et le golf sont tout à fait conciliables, à condition d’adapter intelligemment votre pratique plutôt que de la supprimer.
Une étude de l’Université d’Australie-Méridionale publiée en 2023 a suivi 459 golfeurs souffrant d’arthrose. Plus de 90 % d’entre eux estimaient leur état de santé général comme bon, très bon ou excellent, contre seulement 64 % chez les non-golfeurs atteints de la même pathologie. Le golf avec arthrose, loin d’être une prise de risque, peut même devenir une ressource précieuse pour votre corps et votre moral, à condition de comprendre ce que vos articulations peuvent tolérer et ce qu’elles ne peuvent plus.
Dans cet article, on va regarder ensemble les vraies contraintes biomécaniques du swing sur vos articulations douloureuses, les ajustements techniques qui font la différence, le matériel adapté à l’arthrose des mains et des membres supérieurs, et les repères pour reprendre après une opération. Pas de discours approximatifs : des conseils concrets que vous pouvez tester dès votre prochaine partie.
📘 Dans cet article vous allez apprendre
- ✔️ Pourquoi le golf est recommandé avec de l’arthrose (avec données sourcées)
- ✔️ Quelles articulations sont le plus sollicitées par le swing et comment les protéger
- ✔️ Les 4 ajustements techniques concrets pour swinguer sans aggraver vos douleurs
- ✔️ Quel matériel choisir pour l’arthrose des mains : grips, shafts, chariots
- ✔️ Le calendrier réaliste de reprise après une prothèse de hanche ou de genou
Que vous souffriez d’arthrose aux mains, à la hanche ou au dos, vous trouverez ici des repères pour continuer à jouer au golf longtemps.
Arthrose et golf : pourquoi continuer à jouer est souvent la bonne décision
Le réflexe habituel face à une douleur articulaire, c’est de mettre le club dans le sac et d’attendre que ça passe. Sauf que rester immobile est rarement la solution, c’est souvent le problème. Le cartilage se nourrit grâce au mouvement : c’est lui qui assure la distribution du liquide synovial dans l’articulation, ce liquide qui lubrifie et amortit. Sans mouvement régulier, ce mécanisme se grippe et l’articulation se raidit encore davantage. Le golf est une activité à faible impact, ce qui en fait un sport particulièrement bien adapté à l’arthrose, contrairement à la course à pied ou au tennis qui génèrent des chocs répétés à haute intensité.
Ce que dit la recherche sur le golf et l’arthrose
L’étude australienne citée plus haut est instructive pour une raison qui dépasse les simples chiffres. Les golfeurs arthrosiques ne souffrent pas moins sur le plan physique que les non-pratiquants, mais ils souffrent nettement moins sur le plan psychologique : seulement 8 % d’entre eux déclaraient un niveau élevé de détresse psychologique, contre 22 % chez les non-golfeurs atteints de la même pathologie. La pratique régulière entretient la mobilité, favorise les liens sociaux et nourrit un sentiment d’appartenance qui, selon les chercheurs, contribue directement au bien-être global. Ce n’est pas anecdotique. C’est une donnée médicale sérieuse.
Le Dr Stenner, ergothérapeute associé à cette étude, précise que les golfeurs marchent souvent de 8 à 10 km par partie, ce qui leur permet de respecter ou de dépasser les recommandations hebdomadaires d’activité physique. La marche sur terrain souple sollicite les muscles stabilisateurs des membres inférieurs sans générer les impacts violents qui accélèrent l’usure du cartilage. Le sol herbeux du parcours fait ici une vraie différence par rapport au bitume ou au carrelage. Pour entretenir cette mobilité articulaire avec les années, notre guide complet pour progresser au golf donne des repères utiles à tous les niveaux.

Distinguer la crise aiguë de l’arthrose stabilisée
Tout ne se vaut pas. Une articulation gonflée, chaude au toucher, douloureuse au repos : c’est une poussée inflammatoire aiguë, et dans ce cas, le repos est impératif. Forcer pendant une poussée, c’est risquer d’aggraver durablement des lésions qui auraient pu rester stables. En revanche, une douleur mécanique qui s’atténue après dix minutes d’échauffement, qui s’accompagne d’une raideur matinale courte et qui ne persiste pas la nuit : c’est le tableau classique de l’arthrose stabilisée, compatible avec la pratique du golf à condition d’adapter son jeu.
Je recommande systématiquement de faire valider la reprise ou la poursuite du golf par un rhumatologue ou un médecin du sport avant de changer quoi que ce soit à sa pratique. Non pas pour obtenir une autorisation formelle, mais parce que chaque profil arthrosique est différent, et que ce qui convient à une gonarthrose modérée peut ne pas convenir à une coxarthrose sévère. Votre médecin connaît l’état réel de vos surfaces articulaires. Partez de là pour partir sur de bonnes bases.
⛳ Règle de décision simple : jouer ou ne pas jouer ce jour-là
Avant chaque partie, appliquez ce test rapide : la douleur est-elle présente au repos ou disparaît-elle avec l’échauffement ? Si elle s’atténue après 10 minutes de mouvement, vous êtes probablement dans une phase mécanique stable. Si elle est permanente, nocturne ou accompagnée d’un gonflement, c’est une poussée inflammatoire : rangez les clubs et consultez.
Ce test ne remplace pas un avis médical, mais il vous donnera un réflexe fiable pour ne pas forcer sur une articulation en crise.
Contraintes biomécaniques du swing sur les articulations arthrosiques
Un swing de golf n’est pas un geste anodin pour le corps. Il combine rotation axiale, transfert de poids, décélération soudaine et vibrations à l’impact, le tout en une fraction de seconde et des dizaines de fois par partie. Comprendre quelles articulations encaissent quoi, c’est la première étape pour adapter intelligemment son jeu avec des articulations douloureuses au golf.

Hanche et genou : les zones de torsion et de compression
La hanche pivot, côté gauche pour un droitier, encaisse la totalité du transfert de poids pendant la descente et l’impact. Sur une coxarthrose avancée, ce mouvement de rotation génère des contraintes de cisaillement importantes sur un cartilage déjà fragilisé. Ce n’est pas que la hanche « tourne mal » : c’est qu’elle compense souvent la raideur de l’autre hanche ou du bas du dos, ce qui amplifie les contraintes sur la zone usée. Corriger cette compensation par un travail technique avec un professionnel est souvent plus efficace que de simplement réduire le nombre de parties.
Le genou, lui, subit principalement des compressions latérales pendant la rotation et le suivi de balle. La gonarthrose se manifeste souvent par une douleur à la face externe du genou en descente de pente ou en montée d’escalier après la partie. La FFGolf recommande dans ce cas de remplacer le chariot manuel par un chariot électrique pour réduire la charge portée sur toute la partie, et d’envisager un programme de renforcement des quadriceps qui diminue mécaniquement la compression fémoro-tibiale.
Pourquoi le bas du dos souffre autant au golf
La zone L5-S1 est celle qui encaisse le plus de contraintes en torsion pendant le finish du swing. Sur un dos bien musclé, ces contraintes sont réparties et absorbées par les muscles paravertébraux. Sur un dos peu préparé et atteint d’arthrose lombaire, elles se concentrent directement sur les disques et les facettes articulaires. Le finish trop complet chez un golfeur avec arthrose lombaire : arrêter le swing à 75 % de l’amplitude totale réduit significativement la compression en rotation axiale sans sacrifier la distance de manière dramatique.
Ce que la littérature médicale précise, et qu’on oublie souvent, c’est que le golf en lui-même ne cause pas l’arthrose lombaire. La pratique avec un geste mal maîtrisé, en revanche, aggrave une pathologie existante. C’est ce qu’on appelle une technopathie : une blessure due au geste, pas à l’activité. Travailler sa technique avec un enseignant PGA est donc une démarche thérapeutique autant que sportive, au même titre que de renforcer la souplesse et la stabilité au golf. Comme on le dit souvent : la fluidité protège et la force détruit.
Les mains, les poignets et les coudes : l’impact des vibrations
À l’impact, les vibrations remontent du sol vers la tête de club, puis le long du shaft jusqu’aux mains et aux coudes. Sur un shaft en acier, ces vibrations sont presque intégralement transmises aux articulations. Sur un shaft en graphite, elles sont partiellement absorbées. Pour les golfeurs souffrant d’arthrose des mains ou de tendinopathie du coude associée, le passage au graphite : c’est une modification prioritaire. La FFGolf note que sur 100 golfeurs ayant bénéficié d’un fitting, 65 avaient un grip de taille inadaptée, et que parmi les joueurs souffrant de douleurs récurrentes du coude, la très grande majorité utilisait un grip trop petit.
🧠 À retenir : la technopathie, c’est le geste, pas le sport
Le golf n’aggrave pas l’arthrose en tant qu’activité. C’est un geste mal exécuté, répété des centaines de fois, qui aggrave une articulation fragilisée. Corriger sa technique avec un professionnel est souvent plus efficace pour réduire la douleur qu’une mise en repos prolongée. Pour tout ce qui concerne l’adaptation du swing au vieillissement articulaire, notre section golf seniors propose des conseils spécifiques et testés.
4 Ajustements techniques pour jouer au golf avec des articulations douloureuses
La bonne nouvelle, c’est qu’adapter son swing à l’arthrose ne signifie pas forcément en réduire l’efficacité. Dans bien des cas, les modifications nécessaires pour protéger les articulations améliorent aussi la régularité : moins de rotation forcée, c’est souvent plus de précision et moins de dépenses énergétiques inutiles.
Réduire l’amplitude du backswing : le swing trois-quarts
Un backswing complet cherche à placer le shaft parallèle au sol, ce qui impose une rotation des épaules proche de 90 degrés et une extension lombaire importante en fin de montée. Pour un golfeur arthrosique du dos ou des hanches, cette amplitude génère des compressions et des cisaillements importants sur des zones déjà fragilisées. Le swing trois-quarts, qui s’arrête à environ 75 % de l’amplitude totale, permet de conserver 85 à 90 % de la distance au drive tout en éliminant les 15 % de rotation les plus contraignants pour les articulations. Ce n’est pas un demi-swing, c’est une montée contrôlée que beaucoup de pros utilisent délibérément pour gagner en régularité.
Adopter un grip plus souple pour protéger les doigts arthrosiques
Le réflexe naturel face à la douleur, c’est de serrer plus fort pour compenser le manque de sensation. C’est exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire. Un grip serré crispe les avant-bras, transmet davantage de vibrations vers les coudes et force les doigts raides à maintenir une tension continue pendant tout le swing. Une prise plus relâchée, dans laquelle le club repose dans les doigts sans être pincé, réduit la tension musculaire dans toute la chaîne bras-épaule et donne paradoxalement plus de fluidité au geste. L’image classique : tenir le club comme si vous teniez un oiseau dans vos mains, assez ferme pour qu’il ne s’échappe pas, assez léger pour ne pas l’écraser. Pour aller plus loin sur l’adaptation du matériel à votre morphologie, notre guide sur les clubs de golf détaille le choix des grips selon la taille des mains.

L’échauffement articulaire : une étape non négociable
Un cartilage arthrosique est moins bien irrigué qu’un cartilage sain, ce qui signifie qu’il a besoin de plus de temps pour se préparer à l’effort. Arriver au premier tee en sortant directement de sa voiture, c’est solliciter une articulation dont la synovie n’est pas encore distribuée, dont les muscles stabilisateurs sont froids et dont les amplitudes de mouvement sont rduites. Dix minutes d’échauffement articulaire changent radicalement ce tableau.
La routine minimale efficace : rotations lentes des poignets dans les deux sens, cerclages des épaules, rotations du bassin, flexions douces des genoux, et quelques swings à vide avec un club léger en commençant par les coups courts. Pas besoin d’un protocole élaboré. Ce qui compte, c’est la progressivité : commencer par ce qui fait le moins travailler les articulations arthrosiques, et monter graduellement en intensité avant les premiers vrais coups.
Modifier sa posture à l’adresse pour ménager le bas du dos
Une posture trop penchée à l’adresse génère une cambrure lombaire qui précontrainte la zone L5-S1 avant même que le swing ne commence. Sur un dos arthrosique, cette précontrainte, répétée sur 18 trous, accumule des micro-compressions qui se font sentir le soir ou le lendemain. Relever légèrement la posture, en réduisant l’inclinaison du buste de cinq à dix degrés, diminue significativement cette pré-tension. Vous perdrez peut-être un peu de précision sur les fers courts, mais vous garderez un dos utilisable pour les dix trous suivants.
📊 Un échauffement bien fait vaut une séance de kiné
La plupart des douleurs qui apparaissent en cours de partie se manifestent parce que l’articulation n’était pas préparée au premier coup. 10 minutes d’échauffement progressif réduisent drastiquement ces douleurs d’accumulation et améliorent la fluidité du geste sur les 18 trous. Ce n’est pas du temps perdu, c’est de l’investissement sur chaque partie à venir. Pour structurer votre préparation physique, notre guide sur l’entraînement golf propose des routines adaptées à tous les niveaux.
Choisir son matériel pour le golf avec arthrose : grips, shafts et équipements
Le bon matériel ne remplace pas la technique, mais il peut considérablement réduire la charge articulaire à chaque impact. C’est ici que le fitting prend tout son sens pour les golfeurs arthrosiques : un club mal adapté transforme chaque frappe en microtraumatisme répété.
Grips oversize pour l’arthrose golf des mains
Le golf dans l’arthrose des mains pose un problème spécifique : les doigts déformés ou douloureux ont du mal à se fermer autour d’un grip de taille standard. Un grip de diamètre plus important, dit « medium » ou « jumbo », permet aux doigts de rester presque droits pendant la prise, ce qui réduit la flexion des articulations interphalangiennes et diminue la tension nécessaire pour maintenir le club. Ce n’est pas qu’un confort : c’est une modification biomécanique qui change la façon dont les forces se transmettent dans toute la chaîne depuis les doigts jusqu’à l’épaule.
La FFGolf rappelle que 65 % des golfeurs ayant bénéficié d’un fitting utilisaient un grip de taille inadaptée, la plupart trop petite. Sur les joueurs souffrant de douleurs récurrentes du coude, 10 sur 12 avaient un grip trop fin. Le lien est direct : un grip trop petit oblige à serrer plus fort, ce qui crispe les avant-bras et concentre les contraintes sur les épicondyles. changer de taille de grip pour les golfeurs arthrosiques des membres supérieurs.
Shafts en graphite : une nécessité, pas un luxe
L’acier est un matériau rigide qui transmet presque intégralement les vibrations de l’impact vers les mains et les bras. Le graphite, lui, absorbe une partie de ces vibrations grâce à sa structure fibreuse, ce qui réduit mécaniquement les chocs reçus par les articulations à chaque frappe. Pour un joueur en pleine santé, cette différence est marginale. Pour un joueur souffrant d’arthrose des poignets, des coudes ou des épaules, peut transformer une partie douloureuse.
Le bénéfice secondaire, c’est le poids. Un shaft en graphite pèse en général 30 à 50 grammes de moins qu’un shaft en acier équivalent, ce qui permet de swinguer avec moins d’effort musculaire et donc moins de tension sur les articulations sur l’ensemble de la partie. Je suis convaincu que le fitting avec des shafts graphite adaptés à la vitesse de swing réelle est l’investissement matériel qui a le plus grand impact sur le confort de jeu des golfeurs arthrosiques, bien avant le reste de l’équipement.
Chariot électrique, chaussures et accessoires : protéger les articulations portantes
Un chariot manuel pèse entre 10 et 15 kilos avec le sac. Le pousser ou le tirer sur 10 km de parcours, c’est une contrainte continue sur les poignets, les épaules et le dos, qui vient s’ajouter aux contraintes du swing. Le chariot électrique élimine cette charge entièrement, ce qui est particulièrement important pour les golfeurs souffrant d’arthrose lombaire ou d’arthrose de l’épaule. Ce n’est pas un accessoire de confort réservé aux seniors : c’est une mesure de préservation articulaire sérieuse.
Les chaussures méritent aussi une attention particulière sur les terrains vallonnés. Une semelle avec un bon amorti et un maintien latéral efficace réduit les contraintes transmises aux genoux et aux hanches à chaque pas. Pour les genoux arthrosiques, une genouillère légère peut apporter une stabilité proprioceptive utile sans bloquer la mobilité nécessaire au swing.
⚠️ Erreur fréquente : forcer sur une poussée inflammatoire
La tentation de « passer outre » quand l’articulation chauffe en cours de partie est forte, surtout quand la carte est bonne. C’est pourtant le comportement le plus susceptible de transformer une gêne ponctuelle en blessure durable. Une poussée inflammatoire non respectée peut immobiliser un golfeur plusieurs semaines. Mieux vaut poser le club au trou 12 et reprendre sereinement la semaine suivante que de forcer et se retrouver hors jeu trois mois.
Reprendre le golf après une prothèse : hanche, genou et épaule
Pour les golfeurs dont l’arthrose a nécessité une chirurgie prothétique, la question n’est plus « peut-on jouer ? » mais « quand et comment reprendre ? » Les réponses sont encourageantes : dans la très grande majorité des cas, une reprise complète du golf est possible, souvent avec de meilleures performances qu’avant l’opération.
Prothèse de hanche : le calendrier de reprise progressive
Golf Magazine, en collaboration avec le Dr Rouillon, médecin fédéral national de la FFGolf, précise le calendrier typique après une prothèse totale de hanche : putting et chipping possibles dès 4 à 6 semaines après l’opération, premiers coups de wedge au practice vers 3 mois, retour sur le parcours autour de 4 à 5 mois. Ce qui est remarquable, c’est que dans dans 75 % des cas qu’avant, parce qu’ils retrouvent une mobilité de rotation qu’ils avaient perdue progressivement. La prothèse de hanche n’est pas une fin de carrière golfique : pour beaucoup, c’est un nouveau départ.
La clé de cette reprise, c’est la progressivité. Chaque étape doit être validée médicalement avant de passer à la suivante, et la rééducation avec un kinésithérapeute du golf formé spécifiquement est fortement recommandée par la FFGolf. Ce professionnel connaît les contraintes biomécaniques du swing et peut calibrer les exercices de renforcement en conséquence, ce qu’un kiné généraliste ne fera pas nécessairement.

Prothèse de genou : renforcement musculaire en priorité
La reprise après une prothèse totale de genou suit un calendrier similaire, avec un facteur supplémentaire : la solidité des quadriceps. Ces muscles absorbent une grande partie des compressions lors du swing et de la marche. Un programme de renforcement, démarré pendant la rééducation et maintenu après la reprise, est indispensable pour protéger la prothèse et assurer une stabilité suffisante pendant le pivot du swing. 10,5 heures de golf par semaine, ce qui reflète une amélioration réelle du confort de jeu. Pour une stratégie adaptée à votre tranche d’âge, ces conseils pour les seniors pourront vous aider à jouer avec plus de confort.
Prothèse d’épaule : une reprise rapide et efficace
Selon les données FFGolf, la prothèse totale d’épaule permet une reprise du golf entre la 20e semaine pour le putting et la 27e semaine pour le jeu complet sur parcours. Le niveau de jeu est généralement identique ou amélioré par rapport à l’état pré-opératoire, et 90 % des joueurs rapportent une diminution significative des douleurs pendant la pratique. C’est un résultat particulièrement encourageant pour les golfeurs qui repoussent parfois l’intervention par peur de ne plus pouvoir jouer. reporter une chirurgie nécessaire dans le reste du corps et détériore souvent la qualité du geste bien avant l’opération.
📅 Gérer sa charge d’entraînement avec l’arthrose
Enchaîner 100 balles au practice est contre-productif pour n’importe quel golfeur, et franchement dangereux pour les articulations arthrosiques. Limitez les séances de practice à 20 à 30 balles maximum, avec une pause tous les 10 coups pour mobiliser doucement l’articulation douloureuse. Travaillez davantage le putting et le petit jeu, qui sollicitent moins les grandes articulations et améliorent l’index plus vite que des séances de drive prolongées. La qualité prime toujours sur la quantité, encore plus avec l’arthrose. Pour des programmes d’entraînement adaptés, notre article sur le dos et le golf senior vous donnera des repères précieux.
Gérer son arthrose au quotidien pour jouer plus longtemps
Adapter son swing et son matériel, c’est indispensable. Pourtant, la longévité sur le parcours dépend aussi de ce qui se passe entre les parties : la façon dont vous gérez votre charge physique, votre alimentation et les signaux que votre corps vous envoie.
Comment bien gérer le golf et l’arthrose : le regard d’une chiropractrice
Le docteur en chiropraxie Dominique Dufour nous explique ici la bonne conduite à tenir afin de pouvoir jouer durablement quand on est atteint d’arthrose.
La charge d’entraînement : moins mais mieux
Un golfeur ayant de l’arthrose qui cherche à maintenir son niveau de jeu doit changer de philosophie d’entraînement. La quantité de balles frappées n’est plus l’indicateur pertinent. Ce qui compte, c’est la qualité de chaque geste et le temps de récupération entre les sessions. Le cartilage arthrosique se régénère plus lentement que le cartilage sain, ce qui signifie que les micro-inflammations dues à l’effort demandent plus de temps pour se résorber. Deux parties par semaine est souvent un rythme plus soutenable qu’une partie tous les deux jours, même si le nombre total de coups est identique.
Travaillez davantage le putting et les approches courtes entre les parties. Ces coups sollicitent très peu les grandes articulations, améliorent très efficacement le score et permettent de maintenir la mémoire du geste sans accumuler les contraintes articulaires. C’est un équilibre que beaucoup de joueurs découvrent un peu tard.
Hydratation, nutrition et signaux d’alerte
Le liquide synovial qui lubrifie les articulations est composé à plus de 90 % d’eau. Une hydratation insuffisante pendant la partie augmente la viscosité de ce liquide et réduit son efficacité lubrifiante, ce qui se traduit directement par des douleurs accrues et une raideur plus rapide. boire régulièrement pendant la partie, est une mesure simple et souvent sous-estimée pour préserver le confort articulaire sur 18 trous.
Sur le plan nutritionnel, les oméga-3 anti-inflammatoires présents dans les poissons gras, les noix et les huiles végétales ont des propriétés documentées qui peuvent atténuer les symptômes arthrosiques chroniques. Ce ne sont pas des remèdes, mais ils contribuent à maintenir un terrain inflammatoire moins réactif, ce qui réduit la fréquence et l’intensité des poussées. Apprenez aussi à reconnaître vos signaux d’alerte personnels : une douleur nocturne persistante, un gonflement articulaire qui ne disparaît pas en 24 heures ou une perte de force soudaine sont des indicateurs qui nécessitent une consultation médicale avant la prochaine partie.
Arthrose et golf : jouer confortablement sur le long terme
L’arthrose et le golf ne sont pas incompatibles. Ce qui les rend incompatibles, c’est l’entêtement à jouer comme avant, sans tenir compte de ce que les articulations signalent, et sans chercher les adaptations qui permettraient de continuer à profiter du jeu pendant encore de longues années.
Commencez par l’étape la plus simple et la plus immédiatement efficace : prenez rendez-vous avec un médecin du sport ou un rhumatologue pour faire le point sur l’état réel de vos articulations et valider votre pratique. Ensuite, consultez un professionnel de golf formé aux adaptations pour les seniors ou les joueurs douloureux, qui pourra observer votre swing et identifier les compensations à corriger. Enfin, faites vérifier la taille de vos grips et l’adaptation de vos shafts, car c’est souvent là que se jouent la moitié des douleurs du membre supérieur.
Ce n’est pas un renoncement. C’est une évolution intelligente de votre pratique. Les joueurs qui adaptent leur jeu à temps sont ceux qui jouent encore à 75 ans, avec plaisir et sans grimace. Comme vous pouvez le constater, le fairway est encore loin d’être hors de portée si vous jouez intelligemment.
📌 Arthrose et golf : l’essentiel à retenir
- Le golf est recommandé avec l’arthrose stabilisée : faible impact, bienfaits psychologiques prouvés
- Pendant une poussée inflammatoire, arrêtez de jouer et consultez avant de reprendre
- Réduisez l’amplitude du swing à 75 % et relâchez le grip pour protéger les articulations
- 10 minutes d’échauffement articulaire avant chaque partie : non négociable
- Shafts en graphite, grips oversize et chariot électrique pour limiter les vibrations et la charge portée
- Après une prothèse, la reprise du golf est possible et souvent meilleure qu’avant l’opération
Adapté, le golf reste l’un des sports les plus adaptés aux articulations arthrosiques. Jouez longtemps, jouez mieux, jouez sans douleur.
Sources de cet article
- Université d’Australie-Méridionale / Dr Brad Stenner, étude sur golf, arthrose et santé psychologique (2023)
- FFGolf, blessures et pathologies du golfeur : grips, gonarthrose et pathologies du coude
- FFGolf, rejouer au golf avec une prothèse : hanche, genou et épaule
- Golf Magazine / Dr Olivier Rouillon (FFGolf), 5 questions sur l’arthrose de hanche et la reprise du golf
Arthrose et golf : les questions fréquentes
Peut-on jouer au golf avec une arthrose avancée ?
Cela dépend de la localisation et du stade. Une arthrose stabilisée, même avancée, est souvent compatible avec une pratique adaptée. En phase de poussée inflammatoire ou sur une coxarthrose très sévère limitant la marche, le golf est contre-indiqué. Votre rhumatologue reste le seul à pouvoir valider votre situation personnelle.
Le golf aggrave-t-il l’arthrose ?
Non, le golf en lui-même n’aggrave pas l’arthrose. En revanche, un geste mal maîtrisé et répété des centaines de fois peut aggraver une articulation fragilisée. On appelle cela une technopathie. Corriger la technique avec un professionnel est souvent plus efficace que de réduire la pratique.
Quels mouvements éviter avec une arthrose lombaire ?
Évitez les finishs trop complets qui imposent une torsion maximale du rachis. Un swing trois-quarts réduit significativement la compression L5-S1. Évitez aussi une posture trop inclinée à l’adresse, qui précontraint le bas du dos avant même le mouvement.
Quel club choisir avec une arthrose des mains ?
Optez pour des shafts en graphite qui absorbent les vibrations à l’impact, et des grips oversize qui réduisent la flexion des doigts douloureuses. Un fitting auprès d’un professionnel permet d’identifier précisément les ajustements adaptés à votre morphologie et à vos douleurs.
Combien de temps après une prothèse de hanche peut-on reprendre le golf ?
Le protocole habituel : putting et chipping dès 4 à 6 semaines, approches courtes au practice vers 3 mois, retour complet sur parcours autour de 4 à 5 mois. Dans 75 % des cas, les golfeurs jouent mieux après la prothèse qu’avant, selon les données de la FFGolf.
Le chariot électrique est-il vraiment utile pour l’arthrose ?
Oui, particulièrement pour l’arthrose lombaire et l’arthrose de l’épaule. Porter ou pousser un sac de 12 à 15 kilos sur 10 km génère une charge continue sur ces articulations qui vient s’ajouter aux contraintes du swing. Le chariot électrique élimine cette charge entièrement.
Peut-on jouer au golf avec une arthrose du genou ?
Oui, avec quelques adaptations : chariot électrique pour réduire la marche chargée, programme de renforcement des quadriceps, éventuellement genouillère légère pour la stabilité proprioceptive. La FFGolf recommande de remplacer le chariot manuel et de suivre un protocole médical de renforcement musculaire.
L’échauffement change-t-il vraiment quelque chose avec l’arthrose ?
Oui, de façon significative. Un cartilage arthrosique est moins bien irrigué qu’un cartilage sain. L’échauffement progressif distribue le liquide synovial dans l’articulation avant les contraintes du swing, ce qui réduit les frictions et les douleurs d’accumulation en cours de partie.




















